Portrait Els Dierckx: de souffleuse de verre à chauffeur de poids lourd

J'aimerais vraiment pouvoir exercer ce métier jusqu'à ma pension.

Vendredi 11 décembre 2020

Els a toujours eu une relation particulière avec le verre : elle a fait des études de fabrication d'instruments en verre et a ensuite appris un autre métier dans une société qui restaurait des châssis en verre au plomb. Quand celle-ci a fermé et qu'il est devenu clair que très peu de sociétés cherchaient des artisans verriers, Els a décidé de retourner à l'école. « Je n'ai en fait pas dû réfléchir bien longtemps à ce que je voulais. Dans notre entreprise agricole à la maison, on conduisait souvent le tracteur et ma soeur Maggie était déjà chauffeur de poids lourd depuis ses 21 ans. J'avais toujours trouvé que c'était un métier sympa mais quand je me suis retrouvée sans travail, c'est apparu comme une évidence. »

Démarrage tranquille

Alors qu'elle était sur une longue liste d'attente pour l'école, Els a appris d'une connaissance qu'il existait aussi une Formation professionnelle individuelle bien plus courte et gratuite. « J'ai vraiment eu beaucoup de chance ! C'est une formation sur le terrain et la première société que j'ai sollicitée pour devenir mon employeur a directement accepté. » C'est comme ça que le groupe Van Pelt est devenu l'employeur d'Els et l'est toujours aujourd'hui. Els était du reste la deuxième personne à suivre un trajet de formation professionnelle individuelle et a été la première à le terminer. La première semaine, Els a roulé en compagnie d'un collègue. Mais la deuxième  semaine, elle était déjà seule sur la route avec sa remorque. « C'était super stressant : non seulement le fait de conduire, mais aussi le fait de devoir préparer le béton seule et donc de savoir parfaitement combien de superplast je devais ajouter pour que le béton reste liquide. Heureusement, je pouvais toujours appeler la centrale en cas de question ou de problème. » Les amis et la famille d'Els ont réagi très positivement à son changement de carrière, surtout son père et sa soeur. Les clients n'ont également eu aucun problème à voir une femme au volant. « Il y a toujours bien quelqu'un sur les chantiers qui se propose de m'aider pour retirer le tuyau de mon camion. Je sais le faire moi-même, mais c'est quand même toujours sympa. »

‘Le plus beau moment comme chauffeur de poids lourd ?
Un lever de soleil vu de la cabine.’

Courtoise avec les « resquilleurs »

Els se qualifie de calme au volant et adapte toujours sa vitesse aux circonstances. « Si un automobiliste veut s'intercaler, je le laisse. On se retrouvera quand même côte à côte au feu rouge. » Els n'a jamais peur dans son camion, mais elle redouble toujours d'attention quand il y a des piétons ou des cyclistes dans les parages. « Quand je  dois traverser le Meir et que des piétons traversent devant mon camion sans regarder, là j'avoue que j'ai peur car ils ne se rendent pas toujours que je ne les vois pas. »

Jusqu'à la pension

Après 2 ans et demi, Els part toujours travailler avec beaucoup de plaisir chaque matin. « Il y a beaucoup d'aspects sympas dans mon métier », dit-elle. Comme le fait que chaque jour soit différent : arriver le matin, préparer son camion et recevoir le programme du jour. Il y a aussi les collègues avec qui on entretient de bonnes relations et  discute régulièrement quand on revient à la centrale de béton pour un nouveau chargement. Mais le plus beau moment pour Els, c'est incontestablement le lever de soleil vu de sa cabine. « J'ai travaillé plusieurs années dans un entrepôt sans lumière naturelle et je profite donc d'autant plus de ce spectacle aujourd'hui. J'aimerais vraiment pouvoir exercer ce métier jusqu'à ma pension. »

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